Marché des USA et debut d’effet de l’Ukraine

Jeudi dernier, Janet Yellen, présidente de la Fed, a fourni aux acteurs du marché une autre occasion d’examiner l’orientation de la réduction du programme d’assouplissement quantitatif lors de son audition par le comité bancaire du sénat. Nous remarquerons que son discours est resté dans la ligne habituelle. Mme Yellen a continué de plaider en faveur de la politique actuelle de la Fed qui consiste en une réduction graduelle mais continue des achats d’actifs.

Mme Yellen a ajouté que « ce que nous devons faire… c’est d’essayer d’obtenir une vision plus perspicace quant à la part des données en demi-teintes qui peut s’expliquer par les conditions climatiques actuelles, et quant à leur portion qui est due à des perspectives plus modérées ». Ajoutant de la confusion au tableau d’ensemble, il a également été noté que, bien que le chômage ait diminué rapidement au cours des derniers mois pour atteindre 6,6 % pour cent, il reflète de moins en moins l’état réel de l’économie puisqu’un nombre croissant d’Américains cesse de chercher un emploi comme l’indique le taux de participation actuel au marché du travail qui est de 63 %. Ensuite, il a semblé évident qu’une nouvelle condition nécessaire mais insuffisante pour relever les taux d’intérêt était demandée puisque l’engagement de Ben Bernanke à maintenir les taux proches de zéro « bien après » que le chômage atteigne 6,5 % devient de moins en moins pertinent.

Madame Yellen a ajouté que ce qui précède préoccupe la Fed puisqu’« il existe de nombreux points de vue différents au sein du comité quant à la façon appropriée d’établir des lignes directrices et que c’est quelque chose dont nous débattons depuis longtemps ». Bien que l’apparition de Mme Yellen n’ait que peu influé les marchés, les rendements obligataires américains à 10 ans s’établissant à 2,67 % à la fin de la semaine dernière (par rapport à 2,735 % environ au début de la semaine), les attentes du secteur relatives au fait que la Fed approuve une politique monétaire plus ferme sont assez faibles.

Suite aux déclarations neutres de Mme Yellen, les marchés ont bien évidemment fait preuve d’un fort attrait pour certaines données économiques. La seconde estimation du PIB pour le 4T qui a été publiée vendredi dernier indiquait une croissance annualisée modeste de 2,4 % alors que les estimations préliminaires pointaient vers un niveau plus optimiste de 3,2 %. Heureusement, le sentiment négatif a été rapidement compensé par la publication de l’indice des directeurs d’achats de Chicago qui a grimpé en flèche au niveau de 59,8, alors qu’une valeur de 56,4 était attendue. L’indice de confiance des consommateurs de l’université du Michigan a suivi peu de temps après avec un niveau meilleur que prévu de 81,6.

Les aspects positifs ci-dessus ont été éclipsés au cours de la journée en raison des préoccupations relatives à une invasion de l’Ukraine par la Russie. La séance du vendredi a été globalement positive avec le Dow Jones gagnant 0,3 % et le S&P500 augmentant d’un pourcentage presque égal. En outre, la clôture de la séance du vendredi a atteint 1859,45 points pour le S&P 500, ce qui constitue un record historique. Le NASDAQ Composite a clôturé jeudi au niveau de 4318,93, ce qui constitue également un record depuis les années 2000 après l’éclatement de la bulle « .com ». Sur ce dernier point, le NASDAQ n’est actuellement qu’à moins de 6 % du record historique des jours heureux des « .com ».

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