Chypre accapare l’attention des marchés financiers

Chypre accapare l’attention des marchés financiers

Chypre : la publication des détails quant au plan de sauvetage de Chypre la semaine dernière a conduit à une augmentation de la prime de risque sur les marchés financiers. L’augmentation semble être alimentée par la décision prise par les ministres des Finances européens qu’une portion substantielle du plan de sauvetage comprendra un prélèvement ponctuel sur les dépôts bancaires chypriotes. Nous insistons sur le fait que le programme de taxation des dépôts chypriotes n’était pas en soi la cause de cette ambiance de risque, mais plutôt la crainte que les dirigeants européens en ont assez, et qu’à partir de maintenant une part importante du fardeau que constitue le renflouement sera prise en charge par des entités privées, et pas seulement par les gouvernements, de manière similaire à ce qui est arrivé en Grèce.

Le changement d’attitude a augmenté la crainte d’un scénario de retraits bancaires massifs dans les pays périphériques, où la possibilité d’un plan de sauvetage existe toujours (comme en Italie et en Espagne). Néanmoins, le parlement chypriote a purement et simplement rejeté la décision de taxation. Samedi, le ministre des Finances chypriote a annoncé que son pays travaille sur une proposition alternative, qui comprendra uniquement une taxation des dépôts plus de 100 000 € ainsi qu’un ensemble de réformes du système bancaire chypriote.

Les autorités en Europe demandent que Chypre prélève 5,8 milliards € en taxant les dépôts ou par tout autre moyen, avant d’approuver le plan de sauvetage de 10 milliards d’euros. En outre, la BCE a annoncé la semaine dernière que la banque cessera de fournir les liquidités requises ce soir (lundi) si les autorités chypriotes ne parviennent à un accord avec les dirigeants européens concernant les conditions du plan de sauvetage.

Sur le plan européen, la majorité des données économiques publiées la semaine dernière étaient décevantes, indiquant la poursuite de la récession de l’économie européenne. Pour le deuxième mois consécutif, il y a eu une baisse de l’indice composite des directeurs d’achat au cours du mois de mars (première estimation). L’indice a chuté à un niveau de 46,5, contre 47,9 en février, alors que 48,2 étaient attendus.

En Allemagne, l’indice IFO sur le climat des affaires a enregistré une baisse surprenante au cours du mois de mars. Nous remarquons que les enquêtes ont été effectuées avant l’aggravation de la situation chypriote.

Pour conclure sur le sujet des récents événements affectant l’économie européenne, nous constatons que l’agence de notation S&P a averti cette semaine de la situation socialement explosive en zone euro. Un analyste a noté que l’agence de notation identifie un risque élevé pour l’Espagne, l’Italie, le Portugal et la France s’agissant de leur incapacité à mener des réformes fiscales nécessaires étant donné que les chômeurs sont moins réceptifs à l’idée de supporter des mesures d’austérité.

L’analyste a remarqué que « le taux de chômage élevé en Espagne, en Italie et en France est socialement explosif » et qu’« il faut qu’il existe un consensus social pour les mesures d’économie. Le chômage élevé… n’aide pas ». En concluant par le fait que les résidents de l’Espagne et du Portugal ont affiché une capacité à affronter des mesures d’austérité, mais que « cela ne peut pas continuer indéfiniment ».


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