Différenciation des tendances entre marchés financiers et économie réelle

Différenciation des tendances entre marchés financiers et économie réelle

La différenciation des tendances entre les marchés financiers et l’économie réelle européenne se poursuit. La tendance baissière affectant les primes de risque des GIIPS continue, et les indices boursiers continuent d’être négociés à des niveaux relativement élevés. D’autre part, les enquêtes d’opinion publiées au cours de la semaine dernière ont indiqué une contraction continuée de l’économie européenne au cours du deuxième trimestre de l’année.

En ce qui concerne les données de la semaine précédente, on remarque que l’indice composite des directeurs d’achats de la zone euro est resté à 46,5 en avril, à savoir un très faible niveau. L’indice a atteint ce niveau après avoir diminué fortement au cours des mois de février et mars. L’économiste en chef de l’organisation Markit, qui est en charge de la publication de l’indice, a déclaré : « L’enquête constitue un signal inquiétant pointant la faiblesse de l’économie au début du deuxième trimestre, avec des signes que le ralentissement est davantage susceptible de s’intensifier dans les mois à venir plutôt que de freiner ».
Le débat européen portant sur l’efficacité des programmes d’austérité se poursuit. L’un des principaux sujets la semaine dernière a été la déclaration faite par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, selon laquelle l’opposition croissante aux programmes d’austérité dans les pays périphériques de la zone euro frappés par la récession peut conduire à la fin des politiques économiques axées sur l’austérité. Barroso a déclaré que, bien qu’il a toujours cru en la nécessité de réformes économiques radicales et de fortes réductions des déficits budgétaires, ces politiques ont besoin d’un soutien politique et social.

Les déclarations de Barroso en faveur de l’austérité peuvent être interprétées comme une réaction défensive à la lumière des résultats de l’élection en Italie (les résultats ont prouvé que la population était contre les politiques d’austérité), de l’aggravation de la récession dans la plupart pays de la zone euro et des récriminations croissantes selon lesquelles les programmes d’austérité sont plus nuisibles qu’efficaces. Dans ce contexte, nous devrions noter les critiques croissantes contre les conclusions formulées par les économistes universitaires Reinhart et Rogoff, ces derniers indiquant qu’une augmentation du ratio de la dette par rapport au PIB allant au-delà de 90 % conduit à une forte contraction de l’économie. Figurant en tête des critiques, Paul Krugman, lauréat du Prix Nobel, indique depuis un certain temps que les gouvernements doivent entreprendre des politiques économiques expansionnistes afin de relever leurs économies.

Un nouveau gouvernement en Italie : samedi, les représentants des différents partis italiens ont réussi à se mettre d’accord sur la formation d’un nouveau gouvernement en Italie. Le gouvernement sera composé de trois factions et dirigé par le nouveau leader du parti de centre gauche, Enrico Letta. Letta a déjà manifesté sa volonté d’agir en faveur d’un report des objectifs budgétaires italiens comme une étape nécessaire pour améliorer l’économie italienne. Nous remarquons que la diminution récente des rendements obligataires italiens signifie que les marchés estiment qu’une solution politique pour l’Italie sera finalement trouvée.


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