La réponse des marchés à la paralysie fédérale américaine

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Les récentes préoccupations concernant l’avenir budgétaire américain ont été justifiées mardi dernier. Les préoccupations se rapportaient au fait que les républicains et les démocrates n’ont pu se mettre d’accord sur le budget ainsi qu’à l’absence de volonté du président Barack Obama de discuter d’un report de la loi sur les soins abordables qu’il soutient. En conséquence, le gouvernement des États-Unis a commencé à fermer les agences et a envoyé 800 000 employés fédéraux en congé non rémunéré. De nombreux services gouvernementaux sont à l’arrêt alors que le Congrès essaie de parvenir à un accord sur le budget.
L’incertitude a conduit les marchés boursiers à présenter des échanges assez faibles en début de semaine.

La peur des marchés boursiers a rapidement cédé la place à l’espoir que l’économie américaine peut effectivement profiter d’un secteur public réduit, ou du moins que l’arrêt en lui-même n’engendre pas de risque immédiat. De toute évidence, peut-être au désespoir de la Fed elle-même, le S&P 500 a commencé à se négocier à un niveau 0,5 % plus élevé mardi en milieu de séance.

Les tentatives de parvenir à un accord entre le président Obama et les républicains du Congrès ont continué mercredi. Néanmoins, il semble que les républicains avaient peu de chances de réussir étant donné que le président Obama a indiqué qu’il ne négocierait aucune question majeure relative au budget jusqu’à ce que le gouvernement rouvre et que le plafond de la dette augmente. Une déclaration de la Maison Blanche indiquait : « Le président continue d’espérer que le bon sens prévaudra et que le Congrès va non seulement faire son travail en rouvrant le gouvernement, mais agira aussi pour payer les factures qu’il a accumulées et épargner à la nation un défaut désastreux ». Ce qui lie l’adoption du budget au relèvement du plafond de la dette.

Il est probable que le Trésor américain sera limité par le plafond de la dette dans les semaines à venir, même avec les niveaux actuels de dépenses abaissés par le gouvernement. Le fait de convenir d’un nouveau budget entre les démocrates et les républicains prend plus de temps que certains avaient prévu, de sorte que cela soulève également des préoccupations quant à la détermination d’un endettement plus élevé (avant que le plafond actuel ne soit atteint), car cela pourrait aussi s’avérer fastidieux. Bien que les aléas de la conclusion d’un nouveau budget n’ont entrainé que la fermeture de quelques services gouvernementaux non essentiels, l’absence de relèvement du plafond de la dette pourrait engendrer un défaut technique des États-Unis, puisqu’il serait alors impossible de recycler la dette.

La fermeture se poursuit et il devient plus difficile de déduire du comportement des marchés les futurs scénarios potentiels et leurs conséquences. Par exemple, la réponse du S&P 500 précitée de mardi semble normale, si l’on estime que les dépenses gouvernementales réduites sur des services non vitaux pourraient conduire au final à une fiscalité réduite sur le secteur privé, et, en fin de compte, augmenteraient les revenus des entreprises. D’autre part, dans le pire scénario avec un plafond de la dette qui ne serait pas relevé et le Trésor américain étant obligé d’entrer en défaut s’agissant de celle-ci, il est raisonnable d’imaginer que ce défaut conduira à davantage de défauts, et se terminera par une crise du crédit similaire à celle de 2008.

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